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Faire des études scientifiques avec une dyspraxie ? Avec des aménagements, c'est possible !

Dyspraxie
dysgraphie
écriture
milieu ordinaire
regard des autres
orientation choisie
Bac S
Insa-Lyon
aménagement
nouvelles technologies
tiers temps
Travaux pratiques
ergothérapeute
psychomotricien
stage
prépa intégrée
natation

Type(s) de handicap : AUTRE

Témoignage :

Mon handicap se nomme la Dyspraxie, il s'agit surtout d'une incapacité à faire des gestes fins avec précision. Mais, il y a aussi d'autres inconvénients, comme le fait de se représenter les choses dans l'espace ou dans un plan, cela touche ma structuration spatiale.

Pour ma part, il s'agit du côté Dysgraphie qui était très développé, les personnes ont longtemps cru que j'écrivais tout simplement mal, j'ai donc eu une scolarité dans un milieu ordinaire. Pourtant, bien d'autres éléments ont permis d'établir le fait que je suis dyspraxique : ne toujours pas savoir-faire ses lacets ou du vélo en 6ème, ou encore le fait que je me cogne en permanence mon petit orteil de mes pieds contre les côtés des portes ou des meubles (plusieurs fois par jour avant une rééducation). Les personnes ne connaissant pas mon handicap me considèrent simplement comme écrivant très mal, très lentement et étant maladroit. Excepté certains professeurs de collège (comme un voulant me forcer à faire de la calligraphie à plume, car refusant le fait que ma mauvaise écriture puisse être due à un handicap, et n'ayant pas encore été reconnu), je n'ai jamais eu de regard négatif vis-à-vis de mon handicap.

Comme dit précédemment, j'étais dans un milieu ordinaire pour ma scolarité, mon orientation a été de me diriger vers une seconde générale, puis un bac S-SVT, et actuellement je me dirige vers une école d'ingénieur (INSA Lyon). Les relations avec les enseignants se sont toujours bien passées (si ce n'est deux ou trois exceptions du collège, tel l'enseignant de français de 6ème), et avec les élèves aussi, puisque en dehors du milieu scolaire, mon handicap n'est pas si visible.

Lors de mes études scientifiques, j'ai dû simplement m'adapter à l'utilisation de l'ordinateur dans toutes les matières, et c'est alors l'aménagement qui a été mis en place (ainsi que le tiers temps lorsqu'il était possible, surtout lors des examens ou le transfert/l'impression du document doit se faire avant la fin de l'épreuve) depuis ma 4ème, ce qui m'a permis de poursuivre une scolarité normale sans être bloqué par mon handicap.

Il y a eu d'autres types d'aménagements mis en place, par exemple pour les Travaux Pratiques, lors des examens, j'avais une autorisation pour une aide manuelle en cas de manipulation précise (par exemple, lorsqu'il faut verser exactement 5 gouttes d'un produit, ou ne serait-ce que pour garder de la poudre dans une cuillère), tandis que lors des Travaux Pratiques lors de l'année, ils avaient toujours lieu en binôme, ce qui permettait une répartition des tâches. Il n'y a pas eu de réelles difficultés rencontrées par rapport à la mise en place des aménagements une fois le handicap et les documents administratifs reconnus, mais afin de lutter contre les difficultés dues au handicap de nombreuses personnes m'ont aidé (ergothérapie, psychomotricité …).

Ma vie professionnelle se limite actuellement à un seul stage d'une semaine qui s'est très bien déroulé chez un notaire. Je n'ai pas encore d'idée de carrière prédéfinie, c'est pour cela que j'ai décidé de postuler dans une prépa intégrée, afin d'avoir encore deux années avant de choisir une spécialité, puisque le diplôme d'ingénieur est très large vis-à-vis des domaines dans lesquels il permet d'exercer.

En termes de loisirs, le sport que j'ai le plus pratiqué est la natation, mais, au fil des années, les personnes venaient uniquement dans l'esprit de compétition, et pas spécialement pour s'amuser, j'ai alors arrêté d'en faire. Je lis aussi, bien que je n'accroche pas particulièrement aux classiques de la littérature. Mais, mon plus grand loisir est de jouer, en particulier les jeux de stratégie (par exemple Dungeon Twister), où le principal facteur est la réflexion, et non le hasard.

Finalement, j'ai appris l'existence de la FÉDÉEH assez récemment, c'est ma mère qui m'en a parlé. Mes motivations pour la rejoindre est de pouvoir aider les autres personnes en situation de handicap à qui je pourrais faire profiter mon expérience (bien que, à mon âge, je n'en ai pas beaucoup accumulée), mais j'attends aussi une aide dans l'autre sens. Pour l'instant, je suis plus que satisfait, puisque la FÉDÉEH m'a octroyé une bourse afin de pouvoir profiter de mes aménagements lors de ma poursuite d'étude (nécessité d'avoir des clefs USB par devoir à rendre, un nouvel ordinateur, une imprimante dans la chambre d'étudiant ainsi que ses consommables …).

Date du témoignage : 13 nov. 2014