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Le syndrome de stress traumatique : un syndrome invalidant mal reconnu et mal accepté

Assistante sociale
Foyer de jeunes travailleurs
suicide
syndrome de stress post traumatique (SSTP - PTSD)
rupture
animatrice
migraines
emploi-jeune
emploi sous - qualifié
petit boulot
BEP compta
BTP
métreur
formation par alternance
CESI
conducteur de travaux
permis de consuire
centre de loisirs
RQTH
Cap emploi
Handi'pass
sport
salle de sports
football

Prénom : Clarisse

Type(s) de handicap : Autre

Spécialité(s) étudiée(s) : Comptabilité - métreur

Métier : Médiatrice de rue 

Ville : Mantes la jolie

 

Témoignage : 

Thème 1: Présentation du handicap

Alors que je vivais dans un foyer pour jeunes travailleurs il y a 9 ans, foyer où je connaissais une situation rendue difficile notamment par la relation conflictuelle que j’entretenais avec une assistante sociale, j’ai été témoin du suicide par défenestration d’une de mes meilleures amies : elle a touché le sol à proximité de moi alors que je passais dans la rue.

J’avais alors 24 ans et cet évènement qui venait en point d’orgue d’une dégradation de la situation au foyer a provoqué une sorte de "Syndrome de stress post traumatique" (SSTP). Mon grand - père est décédé peu de temps après ce qui n’a rien arrangé. Cet évènement a rendu plus précaire une situation qui était déjà passablement dégradée. J’ai quitté peu de temps après ce foyer et je vis aujourd’hui à Mantes la Jolie où j’ai trouvé une sorte d’équilibre. 

Thème 2 : Vie professionnelle

J’étais alors animatrice dans un centre, heureuse dans mon emploi, mais j’ai dû l’abandonner les symptômes (surtout des migraines) liés au syndrome de stress devenant trop invalidants. Mon handicap est particulièrement sensible au stress qui déclenche de véritables crises ce qui est très mal perçu par un recruteur éventuel. J’essaie donc de cacher mon handicap autant que possible. Je ne le dévoile que lorsque je concours à un processus dédié de recrutement, processus auquel la Reconnaissance de Qualité Travailleur Handicapé (RQTH) me rend éligible. Auquel cas je me contente d’évoquer un problème de migraines mais je n’explique pas que j’ai subi un SSTP.

Actuellement  je suis de nouveau en emploi après une période de rupture. J’ai trouvé un poste de médiatrice de rue dans le cadre du dispositif emploi – jeune, poste qui correspond à l’emploi que j’exerçais il y a 10 ans… mais qui ne correspond pas à la formation acquise entre temps. Capitalisant sur ma formation initiale de BEP compta j’avais suivi il y a 2 ans avec succès une formation de métreur, formation valorisée sur le marché du travail. Un métreur est compétent pour évaluer sur un chantier en temps réel l’évolution du devis des travaux en cours.  Par la suite j’avais d’ailleurs exercé 4 mois dans une entreprise. Ce métier en particulier et le secteur du bâtiment de manière générale m’attirent : j’aimerais à terme évoluer vers des responsabilités sur un chantier. J’avais d’ailleurs par le biais du CESI (un groupe spécialisé dans la formation professionnelle) réussie à obtenir une formation par alternance de conductrice de travaux mais je n’ai trouvé aucun employeur qui veuille m’accepter en alternance ; ce fut une vive déception. En fait il n’y a aucun obstacle vraiment rédhibitoire à ce projet professionnel à part le permis de conduire (permis B) dont la maîtrise est jugée indispensable dans le bâtiment, permis que je n’ai pas encore réussi à obtenir. 

Entre mon emploi actuel et ma formation de métreur j’ai tenu de nombreux autres emplois notamment d’animatrice commerciale (celle qui fait de la réclame en direct dans un supermarché sur les « affaires » que propose l’enseigne) dans le domaine alimentaire et de l’électro - ménager. J’avais également dans la foulée de l’obtention de la RQTH suivi une autre formation que celle de métreur en capitalisant sur mon expérience d’animatrice de centre. La formation me proposait de devenir directrice de centre de loisirs, projet séduisant mais qui a fait long feu étant donné que ma première responsable a estimé que je manquais de maturité pour remplir cette mission. 

Je n’ai pas eu de chance avec le Cap emploi qui était débordé dans mon secteur et qui ne parvenait pas à apporter une aide quelconque. Pour toutes ces démarches je me suis débrouillée seule parcourant les petites annonces des journaux et du net et mobilisant l’aide d’Handi’pass. 

Thème 3 : Loisirs

Quant aux loisirs je pense trouver un dérivatif à mes problèmes dans une salle de sports où je peux relâcher quelque peu la pression. Avant je pratiquais le foot en club.

Sur le plan affectif je traverse en ce moment une sorte de « Désert de Gobi ». Je le regrette un peu même s’il est vrai que je suis, partiellement, responsable de cette situation car dans un premier temps j’ai cherché à me protéger émotionnellement par une posture de retrait affectif.

Thème 4 : La FÉDÉEH

J’ai rencontré la FÉDÉEH un peu par hasard. Même si je n’y pas tellement participé pour le moment ce projet associatif m’attire. Mettre les jeunes au service des jeunes c’est un beau projet !

Date du témoignage : le 18 janvier 2013